Le 13 juillet 2026, la Commission européenne a formellement approuvé le régime d’aides d’État français en faveur de l’énergie éolienne offshore. Au cours des 25 prochaines années, jusqu'à 63 milliards d'euros seront investis pour soutenir la construction et l'exploitation de 11 parcs éoliens offshore. Il s’agit du plus grand programme d’aide verte jamais approuvé par l’Union européenne et de la plus grande politique de soutien de l’histoire de l’éolien offshore en France.
Selon l’annonce de la Commission européenne, le régime français d’aides d’État à l’éolien offshore soutiendra 11 parcs éoliens offshore situés dans trois zones marines : la mer du Nord, l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, avec une capacité installée totale maximale de 11,1 GW. Une fois achevés, ces projets devraient produire 47,8 TWh d’électricité par an, soit environ 10,6 % de la consommation annuelle totale d’électricité de la France.
Les 11 projets éoliens offshore seront avancés en parallèle, comprenant quatre développements fixes et sept projets éoliens flottants, chacun devant fournir environ 5 GW de capacité installée.
Quatre projets éoliens offshore fixés par le fond :
Fécamp Grand Large 1 : Au large de la Normandie, 1,35 GW
Fécamp Grand Large 2 : Au large de la Normandie, 1,35 GW
Fécamp Grand Large 3 : Au large de la Normandie, 1,35 GW
Oléron 1 : Eaux au large de l’Île d’Oléron dans l’Atlantique Sud, 1,2 GW
Sept projets éoliens offshore flottants :
Bretagne Nord Ouest : Bretagne Nord, 1,2 GW (zone en attente de confirmation définitive)
Bretagne Sud 2 : Bretagne Sud, 500 MW
Narbonnaise Sud-Hérault 2 : Mer Méditerranée, 500 MW
Golfe du Lion Centre 1 : Golfe du Lion, Mer Méditerranée, 2 × 550 MW
Golfe du Lion Centre 2 : Golfe du Lion, Mer Méditerranée, 1,1 GW
Golfe de Fos 2 : Golfe de Fos, Mer Méditerranée, 500 MW
En termes de mécanismes de financement, l'aide sera allouée via des procédures d'appel d'offres sous la forme d'une prime variable dans le cadre de Contrats sur Différence (CfD) bilatéraux. Cette conception compense efficacement la volatilité des prix de l’électricité et garantit des rendements stables aux opérateurs de projets.
Les offres doivent être soumises avant le 12 octobre 2026 et les développeurs retenus devraient être annoncés entre fin 2026 et début 2027. Pour la première fois, l'appel d'offres intègre le contenu local européen comme critère d'évaluation. Les exigences stipulent que la plupart des composants d'éoliennes doivent être fabriqués dans l'Espace économique européen tout en respectant les normes environnementales et de cybersécurité pertinentes.
Pour faciliter la mise en œuvre du programme d'aide, dans le cadre du plan d'investissement France 2030, le gouvernement français a sélectionné cinq ports — Cherbourg, Brest, Nantes-Saint Nazaire, Port-la-Nouvelle et Marseille-Fos — et a alloué près de 260 millions d'euros à la modernisation des infrastructures. Les mises à niveau répondront aux activités de fabrication, d’assemblage et de déploiement de projets éoliens flottants, soutenant ainsi l’objectif de la France de déployer 6 GW de capacité éolienne offshore flottante d’ici 2040.
La capacité éolienne offshore cumulée installée en France s’élève actuellement à environ 2 GW. Le pipeline d’une capacité de 10 GW récemment débloqué représente près de cinq fois sa capacité existante. Grâce à cet appel d’offres, le gouvernement français vise à porter la capacité éolienne offshore à 10 GW d’ici 2030, puis à 15 GW d’ici 2035, réduisant progressivement sa seule dépendance à l’énergie nucléaire.
